J'ai tenu jusqu'au parking

On était plus que prêts! Pas de tout pressés, mais plutôt assez bien préparés. On avait relu les histoires qui parlent d'école et de rentrée, repris les petits rituels du soir et préparé le petit cœur en feutrine à glisser dans le sac  Et puis, mes écoliers ont pris le chemin de l'école. C'était il y a tout juste une semaine. Et je peux vous dire qu'elle a été intense, cette semaine.

 

Je m'attendais à avoir quelques sueurs froides et à devoir gérer la séparation avec Romy, qui rentrait à la maternelle pour la première fois. Mais le plus dur s'est déroulé quelques minutes plus tard, dans la cour de récréation des CP. A ma plus grande surprise, mon petit cœur de maman s'est soulevé quand j'ai entendu le prénom et le nom de chacune de mes filles leur signifiant qu'il était temps de rentrer dans le rang, de rejoindre leur classe.

En voulant immortaliser le moment, et en m'approchant d'elles, si sérieuses, si grandes, déjà presque distantes, je n'ai pu contenir mon émotion. Dans ma tête, une histoire de temps qui passe, d'enfants qui grandissent, et des images, plein d'images de leur naissance, d'elles, si petites (prématurées de 31 semaines, forcément !), du peau à peau pendant ces longues semaines d'hôpital, de ces doubles tétées sportives (si, si !!), de leurs premiers pas...

 

Mais bon, j'ai tenu; j'ai retenu mes larmes et les filles n'ont heureusement rien vu.  J'ai tenu... jusqu'au parking. J'ai attendu d'être loin pour tout lâcher... Ensuite, comme toutes les mamans du monde, j'ai passé la journée à me demander ce que mes petits pouvaient bien faire, si l'un avait pu se passer de son doudou après les larmichettes du matin, si l'autre allait mettre sa chèche à la récré pour ne pas attraper froid, si la troisième allait bien gérer cette classe et cette maîtresse toutes neuves...

Et puis, le soir, en allant les chercher, ils ont couru vers moi, le sourire aux lèvres! Et je les ai serrés fort, fort, comme si je ne les avais pas vus depuis plusieurs jours...Et mon cœur de maman s'est desserré !

 

Depuis, c'est chaque matin le même chemin de l'école, mais chacun de nous a le cœur plus léger. Et aujourd'hui, même moi, je n'ai pas pleuré !

 

 

Emeline, maman poule - ascendant crocodile